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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 15:16

Un texte de Guy MILLIERE Philosophe, Economiste, professeur d'Histoire des Idées et des Cultures.

Il enseigne à l’Université Paris-8 où il est rattaché à l’UFR « culture et communication ».

Comme c’était prévisible, Nicolas Sarkozy a été battu.

 Le suicide en direct de François Bayrou, le seul homme politique capable d’appeler à voter pour un candidat tout en disant que ce candidat est nul, ne l’a pas aidé. Mais rien ne pouvait aider encore Nicolas Sarkozy.

 Disons qu’il a limité les dégâts : la défaite a été honorable.

 Comme c’était prévisible aussi, François Hollande a été élu. Comme c’était prévisible, François Hollande a prononcé des discours vides.

 Et comme c’était prévisible, les foules extatiques ont aimé. François Hollande aime la jeunesse et la justice : Il aurait été étonnant qu’il dise qu’il apprécie la vieillesse et l’injustice.

Il aurait pu ajouter qu’il aime la santé davantage que la maladie, le beau temps davantage que la pluie, et, pourquoi pas, que l’eau mouille, que la paix, c’est beau, et que le soleil luit à midi en plein été.

Des jeunes filles seraient tombées en pâmoison. François Hollande va composer un gouvernement, et ce gouvernement sera beau comme un discours de François Hollande.

Les journalistes des grands médias courbés à ses pieds trouveront ce
gouvernement merveilleux.
François Hollande sera reçu par les chefs d’Etat et de gouvernement du
reste du monde. La réalité fera son retour assez vite, mais les mauvaises
nouvelles glisseront sur François Hollande sans l’atteindre.
Il est socialiste, donc toute montée du chômage sera attribuée
aux forces sournoises du capitalisme qui voudront que François
Hollande échoue.
Les jeunes gens qui n’ont pas d’emploi et qui ont acclamé François
Hollande n’auront toujours pas d’emploi sous François Hollande, mais
trouveront que ce n’est pas grave, et que la misère est plus belle dès lors
que François Hollande est à l’Elysée.
Et puis, des réformes fondamentales seront votées ou promises, et dès
lors, des milliers de gens seront prêts à tous les sacrifices : imaginez, le
mariage gay, la contraception libre et gratuite pour les mineurs.
Elle n’est pas belle, la vie ?
Le 16 mai, pour boucler ses fins de mois difficiles, la France devra trouver
un milliard d’euros sur les marchés financiers, mais comme François
hollande a promis de dompter les marchés financiers, elle les trouvera sans
aucun problème, et à un taux d’intérêt très avantageux.
Si elle ne les trouve pas ou si les taux d’intérêts montent, François
Hollande dira que le monde des riches se ligue contre lui, et les Français
accepteront avec joie les restrictions qui leur seront demandées par
François Hollande.
Ce sera la pénurie exacerbée dans la joie, car, grâce au socialisme, la
pénurie est joyeuse, par définition

François Hollande a dit qu’il voulait la croissance et pas la rigueur, et donc
il y aura la croissance, et s’il n’y a pas la croissance, ce sera la faute des
odieux capitalistes.
Car les socialistes ne sont jamais responsables de rien, par
définition.
François Hollande est certain que les autres dirigeants européens voudront,
comme lui, pouvoir dépenser plus, et il ne doute pas qu’Angela Merkel va
financer les dépenses de la France, et si Angela Merkel refuse, François
Hollande dira qu’elle est odieuse et mérite de perdre les élections en
Allemagne.
Un récent rapport de la Cour des Comptes annonçait que la France devait
procéder à des coupes drastiques dans son budget, ce qui coïncide
parfaitement avec les projets dispendieux de François Hollande, mais
François Hollande dira qu’il n’a pas besoin de faire des coupes drastiques,
qu’il peut financier ses projets en augmentant les impôts des particuliers
et des entreprises, et si particuliers et entreprises ne sont pas an rendezvous,
il dira que c’est parce que les particuliers et les
entreprises sont méchants, à moins qu’il ne dise que c’est la
faute de Nicolas Sarkozy.
De toute façon, tout ce qui ira bien s’accomplira grâce à François Hollande,
et tout ce qui ira mal sera la faute de Nicolas Sarkozy.
Comme assez rapidement rien n’ira bien et que tout ira mal, ce
sera, beaucoup, la faute de Nicolas Sarkozy.
Voici trente et un an, les partisans de François Mitterrand s’étaient
rassemblés place de la Bastille. La France était censé passer de la nuit à
la lumière.
Deux années plus tard, un slogan servait à définir les socialistes :
«La faillite nous voilà …», avait titré ironiquement, pour définir le
gouvernement Mauroy finissant, un quotidien de droite (cela existait encore
en ce temps là).
Trente et un an plus tard, les enfants de ceux qui ont acclamé François
Mitterrand étaient rassemblés à la Bastille pour acclamer François
Hollande : Ils ont dans la tête les imbécillités qui étaient déjà dans
la tête de leurs parents, et montrent que les imbécillités peuvent se
transmettre de génération en génération.
Les imbéciles, dit un vieux dicton, ne changent pas d’avis. On peut ajouter
au dicton : leurs enfants non plus.
La différence avec 1981, c’est que la faillite arrivera beaucoup plus vite.
La faillite est quasiment déjà là. Elle n’attendait plus que celui qui viendrait
la déclarer : il est là et sera bientôt à l’Elysée.
La différence est aussi que ce sera cette fois une faillite aux dimensions

de l’Europe.
Je l’ai écrit plus haut : elle n’est pas belle, la vie ?
Et si vous boudez votre plaisir, je vous parlerai des drapeaux
sur la place de la Bastille : en cherchant bien, il devait rester
quelques drapeaux français.
Un drapeau américain ou israélien aurait été très malvenu. Les
drapeaux de quelques régimes islamiques, par contre, étaient à
leur place. Les drapeaux de la gay pride étaient tout à fait à leur
place eux aussi.
C’est superbe, un peuple rassemblé dans l’harmonie et la
lucidité

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Published by georgoharisso57
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Citations

 

 

Le courage consiste à dominer sa peur, et non pas à ne plus avoir peur

 

La liberté, c'est la faculté de choisir ses contraintes

 

Réussir en pain, mieux qu'en farine

 

Sdf: marginal désabusé qu'exhibe la société pour décourager ceux qui tentent l'insoumission au diktat social

 

Le gouvernement a un bras long et un bras court:le long sert à prendre et arrive partout, le court sert à donner mais n'atteint que les plus proches

 

 

 

On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre

 

Nous devons lutter contre toutes les peurs, mais n'avoir peur de rien pour nous-mêmes

 

Vulnerant omnes, ultima necat : toutes blessent, la dernière tue

Se trouvait au-dessous des horloges de la Rome Antique(à propos des heures)

 

Vini, vidi, vici (Jules Cesar): je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu, qui désigne une victoire foudroyante